RACHID AIT CHEKDID

A bâton rompu avec Rachid Aït Chekdid, artiste 

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“Cid Messaoudi souhaitait ne pas mourir en exil” 


Passionné par l’ancienne chanson, il évoque avec fierté ses relations amicales avec les anciens chanteurs. De Cid Messaoudi, son maître incontesté, à Chérif Kheddam, tous deux issus de la région d’Iferhounène, en passant par Taleb Rabah, lui aussi originaire de la région,  à El Anka…Rachid choisit son camp. 

Rencontré chez lui lors d’un dîner entre amis, Rachid Aït Chekdid a bien voulu nous faire part de ses projets dans le monde de la chanson. Pour ce père de famille, receveur des PTT à Iferhounène, il n’est pas près d’abandonner sa carrière artistique entamée, par ailleurs, avec brio. Lui qui aime à répéter qu’il a toujours aimé chanter, fait de la chanson tout un univers, où s’entremêle, amours et joie, douleur et affliction de la vie. 

Il chantait à chaque fois qu’une occasion se présentait à lui, il a su, en suivant les traces des maîtres de la chanson kabyle qu’il allait devenir un artiste de talent incontestablement.  Lors des fêtes familiales qu’il animait dans son village natal, Aït Arbi et dans les environs, lui donnèrent cette force pour que son don s’épanouisse et prenne de l’essor. 

Amoureux du texte fin, Rachid s’exprime avec cette douceur connue aux grands poètes. 

Touchant à la vie de tous les jours, il fredonne avec exaltation ses dizaines de chansons. Entre amour de la dulcinée, les remontrances des séparations, Rachid met cette touche de courage et de rationalité, pour dire toute la splendeur de sa chanson. 

Passionné de l’ancienne chanson, il évoque avec fierté ses relations amicales avec les anciens chanteurs. De Cid Messaoudi, son maître incontesté, à Chérif Kheddam, tous deux issus de la région d’Iferhounène, en passant par Taleb Rabah, lui aussi originaire de la région,  à El Anka…Rachid choisit son camp. Son premier album, Temzi enregistré en 1993, au deuxième Le amer âecrin en 1997, Attir, en 2004 et enfin, Lemqam en 2007. 

Quatre albums pleins de belles mélodies tirées du riche répertoire kabyle, pour lequel, il disait, en toute humilité « il faut sauvegarder notre patrimoine culturel ». 

  

« Notre langue survie grâce à la chanson »   

  

A propos de la chanson kabyle, Rachid n’y va pas par trente-six chemins pour fustiger le rafistolage qui la bloque. « Je demande seulement au public de choisir le bon travail », a-t-il résumé et d’ajouter que « la bonne chanson ne doit, en aucun cas, être délaissée ». 

Sur un autre plan, Rachid  estime que nos artistes chantent dans toutes les langues, mais lors des émissions télévisées, ils parlent en d’autres langues. 

Une chose, qui, selon lui, diminue de la portée du message de la chanson et diminue, ainsi, de sa substance langagière. « Notre langue a survécu grâce à la chanson, et vu le caractère oral de notre culture, la chanson a une grande place chez nous », tenait-il à préciser.  Evoquant les éditeurs, Rachid, comme à ses habitudes, n’est pas allé avec le dos de la cuillère pour dire que « ces messieurs » choisissent les chansons de fêtes pour la seule et unique raison, « le gain facile ». Pour lui, cette situation provoque un grave malaise chez les artistes qui, si elle vient à s’éterniser, « il n’y aura plus de chanson kabyle telle qu’elle était connue ». 

  

« Plusieurs artistes méritent des aides » 

  

Abordant un sujet qui lui tient vraiment à cœur, « les anciens », Rachid se lance tel un guerrier dans une description des plus raisonnables de la situation de plusieurs artistes. Pour lui, il est du devoir de chacun, de leur rendre hommage et une considération après tout ce qu’ils ont donné pour la culture kabyle. Sans omettre de souligner que ces artistes sombrent, de plus en plus, dans la misère et l’oubli, il indique que « les laissés ainsi est une grande défaillance de notre part ». « Eux qui ont donné le meilleur d’eux-mêmes pour notre patrimoine culturel pataugent, tels des pauvres dans une misère atroce. Ni hommage ni estime. Pis encore, moins de considération, on leur fait appel juste pour combler les décors ». « Cid Messaoudi était un homme honnête, sympathique et doux », a-t-il ajouté, en évoquant un maître de la chanson kabyle, avec qui, il a partagé plusieurs moments de joie et surtout, avec qui, il a travaillé et appris beaucoup de choses dans la chanson.  Ils se sont connus depuis 1988. 

Un intérêt est alors né entre les deux hommes pour travailler ensemble, et dès lors, une forte d’amitié les lie jusqu’à la disparition de Cid, après une longue maladie. « Il a souhaité ne pas mourir en exil pas en exil », a témoigné Rachid, et d’ajouter amèrement que « le temps en a voulu autrement, il est décédé en France ». 

Poursuivant son témoignage sur cette grande figure de la chanson kabyle, Rachid dira que, Cid a côtoyé les grands artistes tels Slimane Azem, Ahcène Mezani, Oukil Amar… 

Lors d’un hommage organisé à Tizi-Ouzou pour les artistes de la région de Michelet, Rachid qui a pris part aux activités a souligné, dans ce contexte, que « Cid Messaoudi mérite un hommage pour lui seul, car il a été oublié depuis sa mort ». « Pour ma part, je lui rendrai hommage dans mon nouvel album, car il mérite plus que cela ». 

  

M. Mouloudj 

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